Cette transcription retrace la chronique que j’ai animé sur take it radio pour les nuits de la lecture 2026.
Présentation
Bonjour à tous et à toutes et bienvenue sur take it radio. Vous êtes en compagnie de Céline Valette, artiste autrice et rédactrice de cette chronique. Je vais vous présenter fake news et histoire de l’art, une chronique dans laquelle nous partons à la découverte d’une oeuvre dont l’histoire est fascinante et qui a connu un parcours extraordinaire. En art, un pastiche imite une œuvre par jeu ou dans une intention parodique, ce sera la thématique des prochains épisodes. Parodies, pastiches et canulars s’appuient, pour fonctionner, sur des faits inexacts ou déformés. Diffusés à la radio, dans la presse, à la télévision ou via Internet ils ne furent pas toujours reçu de la même façon par un public soit distrait soit peu sensibilisé. Quelquefois une oeuvre fera l’objet d’un traitement par l’artiste dont le résultat prêtera à interprétation.
Episode 1 : parodies, pastiches et canulars – la photographie
L’affaire des fées de Cottingley
Les photographies peuvent être truquées de nos jours par l’utilisation de l’intelligence artificielle cependant, ce fut le cas bien avant l’arrivée de cette technologie. Dans l’Angleterre des années 1920, Elsie Wright et Frances Griffiths sont cousines et ont pour habitude d’aller jouer près d’un ruisseau. Lorsqu’elles rentrent chez elles, trempées, elles prétendent que c’est parce qu’elles sont « allées voir les fées ». Face à l’incrédulité des adultes, elles réalisent ces clichés, dignes d’une
peinture de John Singer Sargent, grâce à l’appareil photo du père d’Elsie et avec beaucoup de talent. Ces photos sont alors montrées à la Société britannique de Théosophie, qui s’en sert aussitôt comme support pour prouver l’existence de phénomènes paranormaux. Leurs clichés font le tour du monde, Arthur Conan Doyle que vous connaissait peut-être pour ses écrits sur Sherlock Holmes illustrera plusieurs articles en utilisant ce canular. Il écrira même un livre The Coming of the Fairies ou la venue des fées.
Les fées n’ont jamais cessé d’inspirer les auteurs et les autrices tout comme les sorcières et les dragons car toutes ces créatures mythologiques font parti de légendes extraordinaires oscillant bien souvent entre réel et fantastique. C’est une des raisons de la fascination que ces personnages exercent sur le public en général et pourquoi ce canular fut aussi propagé.
D’ailleurs, il ne prit jamais fin réellement, il fut ravivé à plusieurs reprises et ce malgré les preuves et les démentis.
Ce n’est que dans les années 80 que les deux cousines qui étaient vivantes, dévoilèrent malgré leur grand âge, comment elles procédèrent pour réaliser ce trucage dans les années 20. Elles firent preuve de beaucoup de créativité et utilisèrent des images de fées découpées dans du carton, à partir d’images qui se trouve dans un livre pour enfant. Puis, elles prirent une photo des lieux où elles jouaient enfant en incluant les fées, des montages photos dont la technique a été tellement subtile que l’impact fut considérable.
L’épisode 1 de la chronique fake news et histoire de l’art touche à sa fin, merci de l’avoir suivi. Une grande partie des ressources ayant servi à l’élaboration de cet épisode se trouve dans des magazines, des livres concernant l’histoire des arts ainsi que dans des bibliothèques. Vous pouvez contacter la radio et visiter mon site internet : www.valette-celine.com. et peut-être acheter un livre, un grand merci à toutes et à tous et à bientôt. un grand merci à toutes et à tous et à bientôt.
Episode 2 : parodies, pastiches et canulars – le graffiti
Il y a toujours de l’espoir ou la petite fille au ballon
La photographie n’est pas la seule technique artistique utilisée pour les parodies, les pastiches et les canulars. C’est aussi le cas du graffitti. Banksy, l’artiste qui cultive l’anonymat et fomente régulièrement de magistraux coups d’éclat, brouille les pistes depuis des années. Il réalisa une peinture au pochoir qui s’intitule il y a toujours de l’espoir ou la petite fille au ballon. En 2002, le public peut y voir une petite fille qui tient un fil auquel est accroché un ballon en forme de cœur et qui marche dans une rue. Cette oeuvre considérée comme du street art a été réalisé sous forme de graffiti sur un mur avec trois couleurs rouge, noir et blanc. Puis, quelques années plus tard, un cadre contenant une représentation de cette oeuvre fut vendue aux enchères au royaume-uni.
Une fois l’oeuvre vendue, celle ci s’auto détruisis sous les yeux du public lorsque le ou la commissaire priseur tapa avec un marteau pour signifier la fin des enchères. L’artiste revendiqua cette démarche. Il déclara avoir placé un mécanisme à l’intérieur ne souhaitant pas une revente sans son consentement. Cette oeuvre a fait l’objet de plusieurs revente et le travail de Bansky est en général en lien avec des revendications qu’il s’agisse d’un engagement politique et sociétal de l’artiste ou autre. Par exemple lors des conflits en Syrie en 2014 ou des législatives au royaume-uni en 2017. La petite fille au ballon pourrait être considérée comme une oeuvre représentative de plusieurs thématiques : la fugacité, l’innocence et la liberté.
L’épisode 2 de la chronique fake news et histoire de l’art touche à sa fin, merci de l’avoir suivi. Une grande partie des ressources ayant servi à l’élaboration de cet épisode se trouve dans des magazines, des livres concernant l’histoire des arts ainsi que dans des bibliothèques. Vous pouvez contacter la radio et visiter mon site internet : www.valette-celine.com. et peut-être acheter un livre, un grand merci à toutes et à tous et à bientôt. un grand merci à toutes et à tous et à bientôt.
Episode 3 : parodies, pastiches et canulars – la peinture
Dialogue intérieur
Le graffiti n’est pas la seule technique artistique utilisée pour les parodies, les pastiches et les canulars. C’est aussi le cas des images de synthèses et de la peinture. Yasumasa Morimura est un artiste qui aime se réincarner dans les tableaux connu de l’histoire de l’art. Un de ses objectifs est de lutter contre certains stéréotypes ou vision de la société. Il s’interroge sur plusieurs notions dont celle de l’identité. Une de ces œuvres, une moderne Olympia revisite un tableau célèbre de Gustave Manet, une peinture à l’huile située au musée d’Orsay, il se projette dans celle ci au travers d’un des personnages.
Dans une autre oeuvre intitulée un dialogue intérieur avec Frida Kahlo, il se peint à la place de Frida dans un univers onirique entouré de plantes et d’animaux, il utilise les codes vestimentaires et le maquillage représentatifs de la façon dont Kahlo est perçu par le grand public. Celle ci est réalisée par photomontage et images de synthèses.
La notion de dialogue intérieur existe également dans la littérature, c’est un procédé qui permet aux artistes de se poser des questions existentielles en se questionnant eux même, un jeu de questions réponses alors s’installe. Très souvent, la problématique qu’ils expriment dans leurs œuvres plus tard est le reflet d’une thématique universelle.
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Episode 4 : parodies, pastiches et canulars – le comic strip
Fake news et parodie savoir faire la différence
La peinture, les graffitti et la photographie ne sont pas les seules techniques artistiques utilisées pour les parodies, les pastiches et les canulars. C’est aussi le cas du comic strip, une style de représentation sous forme de bande dessinée. Il est très souvent utilisé pour représenter les super héros et heroines par exemple. Détourné on le retrouve dans les posters et les affiches pour revendiquer ou dénoncer. Guerrilla girls, un collectif d’artistes a utilisé ce procédé. Leur activisme en faveur des droits des femmes est reconnu à l’international.
Ce collectif a représenté par exemple des stéréotypes du patriarcat à travers la société de consommation et porte un message. Par exemple en 1992, Gorilla girls s’est déplacé dans une rue aux USA en défendant le droit à l’avortement, le collectif portait une pancarte qui faisait un jeu de mot autour d’un retour à des valeurs traditionnelles. Le collectif s’adresse à un public averti.
En 2025, Gorilla girls a protesté dans les rues de Bulgarie soutenant les femmes qui luttent pour plus d’égalité. Un des posters représente de la nourriture partagé de façon équitable et un slogan est écrit en bulgare dessus. Le logo de gorilla girls est reconnaissable sur la plupart des représentations, le mouvement continue toujours ses actions. De nombreux musées que ce soit la tate galerie ou le met ont proposé des expositions, en Europe également.
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Episode 5 : parodies, pastiches et canulars – quelques conseils
Les pistes à suivre pour déjouer les fake news
Première réaction : se poser des questions puis…
Identifier la source (réseaux sociaux, internet, presse etc.), vérifier les images, son auteur ou autrice, date, légende ? contrôler les références citées les liens sont-ils actifs ? les citations vérifiables (auteur, document…) ?
Identifier l’auteur qui est à l’origine de l’information ? Qu’a-t-il publié d’autre ? Existe-t-il vraiment ?
Comparer avec d’autres publications croiser les informations issues de différentes
sources sur le même sujet.
Evaluer la vraisemblance de l’information dates, lieux, personnes, données chiffrées… ? fiction ou réalité ? image a-t-elle déjà circulé ? utiliser des outils de recherche spécifiques.
Quelle est mon émotion, mon opinion face à une information ? ai-je des préjugés, des opinions, des croyances ? quelle a été l’intention de l’auteur Informer, faire rire, vendre, choquer, influencer… ?
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Episode 6 : parodies, pastiches et canulars – le palimpseste
Hieroglyphes et interprétations
Au temple de Sethi 1er en Egypte, sont gravés des hiéroglyphes sur une paroi, cette oeuvre est anonyme. Suite à la diffusion d’une photographie dans les années 90, une théorie est née selon laquelle un aeronef et un hélicoptère seraient gravés sur ces mêmes parois. Cette mauvaise comprehension fut alimentée par plusieurs faits qui mis bout à bout ont donné lieu à des fake news.
Les scribes egyptiens utilisaient le palimpseste, une technique permettant de superposer plusieurs signes hieroglyphiques pouvant laisser imaginer d’autres formes. En effet, ils n’effaçaient pas de façon systématique les hieroglyphes et gravaient par dessus. C’est très certainement ce qui s’est produit sur la parois de ce temple.
Certains théoriciens ont déduit de cette observation que l’absence de momies et de sarcophages dans les lieux, comme c’est le cas dans certaines pyramides, signifiaient qu’elles n’avaient pas le rôle de tombeaux, ce qui n’est absolument pas prouvé. De nombreuses interprétations erronées sont nées de cette déduction. Sous l’Egypte antique, les aeronefs et les hélicoptères n’existaient donc pas.
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Episode 7 : parodies, pastiches et canulars – théâtre
Les oublis de l’histoire
Souvent ce que l’on entend par fake news est un ensemble de faits qui ont été rapporté de façon erronée, ce qui est exact si je peux m’exprimer ainsi. Il existe d’autres façons de modifier les informations, et cela dès le départ en ométtant ou en changeant l’écriture des faits historiques. Les oeuvres de nombreuses autrices ont été volontairement ignorées voir copiées sans aucune reconnaissance depuis la préhistoire.
Prenant le cas de Catherine Bernard au 17eme siècle, ses oeuvres ont inspiré plusieurs autrices et auteurs dont Charles Perrault et Voltaire. Pourtant ses oeuvres théâtrales comme Brutus ont été largement diffusées sous le nom d’auteur masculin. L’histoire n’a pas toujours besoin de parodies, pastiches et canulars pour véhiculer des informations fausses. Cela dépend de l’écriture de celle ci dans un contexte sociétal où les inégalités servent le pouvoir. Quelles soient peintres, écrivaines ou compositrices, les femmes sont rarement citées dans l’histoire de l’art.
Comment est ce que la pièce Brutus a échappé à son autrice ? elle a été largement copié par un contemporain qui a utilisé le contexte historique de l’époque pour s’approprier les droits et le fait qu’elle était décédée et ne pouvait plus s’exprimer. Les oeuvres de nombreuses autrices ont disparue des bibliothèques et cela même si les pièces étaient jouées à la comédie française ou au théâtre en général. La langue s’est masculinisée et les noms de métiers au féminin ont disparu. Fake news et histoire de l’art ne s’arrête pas au traitement de l’information et à son utilisation de façon erronée, cette chronique s’étend à de nombreux obstacles à la liberté comme la censure et l’oubli dont l’impact est sous estimé.
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Episode 8 : parodies, pastiches et canulars – chansons
Théorie du complot et préjugés
Diffuser de fausses informations n’est pas toujours le fruit du harsard ou de la méconnaissance d’un fait. Cela peut-être aussi un souhait de destabiliser un pouvoir en place comme ce fut souvent le cas dans l’histoire. Et, les artistes en ont été aussi victimes. Prenons l’exemple du protocole de Sion à caractère antisémite dont le contenu est inexact. Il fut publié pour discréditer le pouvoir tout en discriminant un ensemble de personnes.
Que cela soit,les protocoles des sages de Sion ou d’autres théories erronées, elles furent inventées de toutes pièces par des individus ou des groupes (politiques, idéologiques ou religieux) dont l’objectif est de discréditer, voir pire, des personnes qui, soit dérangent par leurs opinions soit occupent un poste stratégique.
Un autre outil des dictatures est la censure à laquelle certains artistes répondent par le pamplet ou la caricature (les dessins de Dauré en sont la preuve). Sur le plan musical, la censure du pouvoir s’est exprimée au travers de l’interdiction de titres. Les chansons comme le chant des partisans en France ou El pueblo unido jamas sera vencido au Chili furent des symboles de résistance au pouvoir. Cette dernière a été interprétée après le coup d’état de 1973 qui renversa Salvador Allende, une véritable provocation pour le dictateur Auguste Pinochet. Plusieurs artistes comme Ortega durent quitter le pays car son interprétation était bien trop risquée. Cette chanson est encore de nos jours un symbole contre les inégalités sociales au Chili.
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Informations complémentaires : les sources qui peuvent vous être utiles
site CLEMI pour des ressources pédagogiques
site de la Bibliothèque Nationale de France pour l’exposition au sujet des fausses nouvelles et de la désinformation
Pour écouter les podcasts sur take it radio :
